Chapitre IV : Avoir un parent avec une maladie mentale, les issues chez l’enfant

L’issue critique

 La recherche indique que les enfants qui ont un parent avec une maladie mentale sont plus susceptibles de développer des difficultés psychosociales. Les études, cependant, se sont focalisés premièrement à élaborer les sources de risque, plutôt qu’à identifier les sources de résiliences. La maladie mentale chez les parents interagit ou est associée avec plusieurs variables et processus qui peuvent augmenter le risque ou accroître la résilience des enfants. Il n’y a pas eu d’attention accordée aux expériences intersubjectives des enfants ou des rapports de ce qui peut leur être utile pour faire face aux circonstances de leur famille.

Les recherches sur les issues chez l’enfant

 Deux décennies de recherche ont indiqué de façon univoque que les enfants qui ont un parent avec une maladie mentale ont un risque significativement plus grand pour de multiple problèmes psychosociaux (Beardslee et al., 1996a ; Canino, Bird, Rubio-Stipec, Bravo & Algeria, 1990 ; Oyserman, Mowbray, Meares & Firminger, 2000). Les études ont notés des taux d’enfants avec des diagnostiques de troubles psychiatriques parmi les nouveaux-nés allant d’environ 30% jusqu’à 50% (Canino et al., Oyseman et al.) comparé avec un taux estimé de 20% parmi la population générale des enfants (Friedman, Katz-Leavy, Manderscheid & Sondheimer, 1996). Ces mêmes enfants sont plus susceptibles de montrer des retards de développement, des compétences scolaires plus faibles et des difficultés avec les relations sociales (Barocas, Seifer & Sameroff, 1985 ; Oyseman et al., Sameroff & Seiffer, 1983 ; Weintraub & Neal, 1984). Malgré ces risques, beaucoup d’enfants de parents avec une maladie mentale sont résilients et arrivent à « éviter » des problèmes significatifs (Beardslee & Poderofsky, 1998).

 Pourquoi certains enfants exposés à la maladie parentale s’en sortent bien alors que d’autres luttent ? La recherche active dans ce domaine a révélé que la maladie mentale elle-même ne garantie pas une mauvaise issue. Au lieu de cela, la maladie mentale chez les parents interagit ou est associée avec plusieurs variables ou processus qui peuvent favoriser la résilience ou augmenter les risques chez les enfants (Downey & Coyne 1990 ; Goodman & Gotlib, 1999). Ainsi, il y a plusieurs  chemins d’interventions potentiels et la recherche commence à orienter son attention sur ces issues importantes.

Il est important de noter que la recherche sur les issues chez les enfants a été limitée en plusieurs points. La majorité des études a été focalisée sur des familles blanches de classe moyenne chez lesquelles les mères ont un diagnostic de désordre affectif. Ainsi, notre compréhension des processus de risque et de résilience, et des interventions appropriées, est limitée en respect des autres diagnostics, parmi d’autres familles plus diverses. De la même manière, peut est connu à propos des différences culturelles et ethniques dans la relation de la maladie mentale parentale et les issues chez l’enfant (Oyserman et al., 2000).

Les moyens d’influence

Dans une révision récente de la littérature sur les risques de psychopathologie parmi les enfants de mères déprimés, Goodman and Gotlib (1999) définissent un modèle qui apporte une trame utile pour les discussions actuelles. Bien que leur modèle se focalise sur les « risques » de mauvaises issues, c’est à dire les psychopathologies, il apporte une trame pour discuter à la fois des risques et de la résilience parmi les enfants qui ont un parent avec une maladie mentale.

En se basant sur des données existantes, Goodman et Gotlib (1999) identifient les moyens d’influence entre les diagnostics de dépression des parents et les issues chez l’enfant qui impliquent de multiples processus médiateurs et modérateurs. Les médiateurs expliquent pourquoi ou à travers quels mécanismes, la maladie mentale parentale est reliée aux issues chez l’enfant, alors que les modérateurs influence la qualité de la relation, ou dans quel degré la maladie mentale a un impact sur les issues chez l’enfant (Baron & Kenny, 1986). Spécifiquement, Goodman et Gotlib (1999) proposent que la dépression parentale soit reliée à plusieurs « mécanismes de risque » (c’est à dire médiateurs) qui résultent  de la dépression parentale. Cela confère une vulnérabilité à l’enfant qui à la fin amène à la psychopathologie. En addition à ces facteurs médiateurs, les auteurs listent des facteurs modérateurs qui interagissent avec les variables médiatrices pour augmenter le risque de vulnérabilité chez l’enfant et les issues négatives (Goodman & Gotlib, p 461). Les modérateurs se différencient entre plusieurs sous-groupes de familles dans lesquels un parent a une maladie mentale. Par exemple la disponibilité d’un père sans maladie mentale dans le contexte d’une maladie mentale maternelle peut favoriser les issues chez l’enfant, de sorte que les familles avec un deuxième parent font mieux et que les famille monoparentales font pires (Oyseman et al., 2000). La disponibilité modère la relation entre la maladie mentale parentale et l’issue chez l’enfant.

Les médiateurs de la relation entre la maladie mentale parentale et les issues chez l’enfant

Les influences génétiques. La recherche indique clairement que certaines maladies mentales se transmettent dans la famille (Hammen, 1991 ; Kendler & Diehl, 1993). Cela est vérifié que les études commencent avec une cohorte d’adultes avec des diagnostiques de troubles psychiatriques et examinent les taux de diagnostiques de troubles chez leurs enfants ou qu’elles commencent avec une cohorte d’enfants avec des diagnostiques de troubles et examinent les taux de maladie mentale ou leur symptomatologie parmi les parents. Il peut aussi y avoir une spécificité pour la transmission des troubles des parents aux enfants. Les enfants de parents avec des désordres affectifs sont plus susceptibles de manifester des désordres affectifs que d’autres désordres et les enfants de parents avec un désordre d’anxiété sont plus susceptibles de manifester un désordre d’anxiété et les enfants de parents avec à la fois de la dépression et de la l’anxiété sont plus susceptibles de manifester des comorbidités similaires (Biederman et al., 2001 ; Warner, Mufson & Weissman, 1995 ; Weissman, 1989).

La forte évidence d’une augmentation de prévalence des diagnostiques de troubles à l’intérieur des familles ne prouvent pas cependant l’hérédité de la maladie mentale. Il est difficile de séparer la génétique de l’influence environnementale dans les familles où à la fois les gènes et l’environnement sont partagés. Les risques de diagnostiques parmi les enfants peuvent résulter de l’environnement stressant et perturbant potentiellement crée par la maladie d’un parent, d’une maladie de l’enfant ou de multiples facteurs de stress(c’est à dire perturbation familiale) qui co-occurrent avec les diagnostiques psychiatriques pour à la fois les adultes et les enfants (Silverman, 1998). Ainsi, les stratégies de recherche qui peuvent faire la distinction entre la génétique et les influences environnementales sont nécessaires pour comprendre le rôle relatif de ces deux facteurs. La recherche récente a commencé à employer de telles stratégies.

Les études de jumeaux et d’adoption sont généralement considérées comme le meilleur standard des recherches génétiques. Les deux ont supporté un rôle unique pour l’hérédité dans la transmission de la maladie mentale du parent à l’enfant. Les études jumeaux ont montré que les jumeaux monozygotes qui partagent la même structure génétique montrent des taux de concordance significativement plus hauts pour la schizophrénie (Hanson, Gottesman & Meehl, 1977), et l’anxiété (Andrews, Stewart, Allen & Henderson, 1990) que les jumeaux dizygotes qui ne partagent pas plus de similarité génétique que n’importe qu’elle frères ou sœurs. Les études d’adoption révèlent que les enfants adoptés issus de parents ayant une schizophrénie (Kendler & gardner, 1997 ; Tienari, Wynne, Moring & Lahti, 1994) ainsi que des désordres liés à une personnalité anti-sociale (Mason & Frick, 1994) ont un plus grand risques pour ces diagnostiques, respectivement, que les enfants adoptés dont les parents n’ont pas ces diagnostiques. Cependant, une vaste étude d’enfants adoptés en Finlande (Tienari et al.) a montré que les risques que schizophrénie peuvent résulter d’une interaction entre les prédispositions génétiques et les difficultés de l’environnement de la famille d’adoption.

Utilisant une stratégie complémentaire d’investigation, Todd et al. (1996) ont examiné des familles étendues d’adultes avec une maladie mentale. Ils ont trouvé que le risque de diagnostique était supérieur parmi les membres de la famille du premier degré et les enfants, en comparaison avec les membres de la famille de deuxième degré ou moins. Additionnellement, ils ont trouvé que la maniaco-dépression montrait une plus forte héritabilité que la dépression unipolaire.

Les influences biologiques

Il y a de plus en plus de confirmation que les enfants de parents avec une maladie mentale peuvent être de constitution vulnérable à la naissance. Il a été trouvé que les nouveau-nés de mères ayant une schizophrénie ont un plus grand risque de mort fœtale et neo fœtale et sont plus vulnérables aux conséquences négatives résultant des complications obstétriques (Walker & Emory, 1983). Similairement, les nouveau-nés de mères dépressives montrent des plus grandes complications pour l’accouchement, des scores Apgar inférieurs, un tonus plus faible et moins d’habileté à se calmer eux-mêmes (Sameroff, Barocas & Seifer, 1978). Les diagnostiques de troubles psychiatriques chez les parents sont aussi associés avec une dérégulation biochimique (Goodman & Gotlib, 1999). Les investigations récentes ont soutenu la possibilité que la dérégulation maternelle ou ses effets durant la grossesse puisse influencer une dérégulation neuroendocrinienne chez les nouveau-nés. Cette dérégulation peut être reliée au fonctionnement émotionnel et comportemental durant le bas-âge et aux développement des problèmes émotionnels et comportementaux plus tard (voir Goodman & Gotlib pour révision). Par exemple, les études de femmes enceintes déprimées ont trouvé que les niveaux d’hormones associées avec la dépression et le stress sont anormalement élevés durant la grossesse (Goodman & Gotlib ; Smith et al., 1990). Une étude isolée (Glover, Teixeira, Gitau & Fisk, 1998) indique en addition, que la variation de la teneur fœtal d’une de ces hormones, la cortisone, était expliquée par les teneurs maternelles à 20 ou 36 semaines de la grossesse. Ainsi, les teneurs de la cortisone maternelle étaient reliés aux teneurs fœtales. Cependant, Goodman et Gotlib (1999) avertissent que le lien entre l’exposition entre une dérégulation neuroendocrinienne et les issues chez l’enfant ont besoin d’être confirmées dans des études supplémentaires et que le lien entre les issues immédiates et le développement de psychopathologies après nécessite plus d’investigations.

En addition des anormalités neuroendocriniennes, la présence d’une maladie mentale pendant la grossesse peut compromettre les comportements de santé d’une mère et les soins prénataux qui, à leur tour, peuvent résulter en un environnement fœtal moins « sain » et en une transmission biologique des risques (Goodman & Gotlib, 1999). Il est important de répéter que les choix d’une mère avec une maladie mentale à propos des comportements de santé pendant la grossesse sont compliqués et peuvent être aussi fortement reliés au stigma et à la peur de la garde qu’ils le sont à la présence de la maladie mentale (Nicholson, 1996 ; Nicholso et al., 1998a, 1998b).

Les caractéristiques de la maladie

La relation entre le diagnostic spécifique parental et les issues chez l’enfant n’est pas claire. Les premières études n’ont pas trouvé de différences sur une variété d’issues chez l’enfant à travers différents diagnostiques (Sameroff & Seifer, 1983). Cependant les nouveau-nés de mères déprimées montraient des issues pires sur le statut obstétrical et l’autonomie du fonctionnement néonatal que les nouveau-nés de femmes avec une schizophrénie, ce qui causa la spéculation que les enfants de mères déprimées ont un plus grand risque (Sameroff & seifer). Par contraste, une étude plus récente révèle que les mères avec une schizophrénie montraient des compétences parentales plus faibles que les mères avec un désordre affectif, suggérant que ces enfants aient un plus grand risque (Goodman & Brumley, 1990 ; Oyserman et al., 2000). La plupart des évidences, cependant, indiquent que la sévérité des symptômes, la chronicité de la maladie et un fonctionnement adaptatif des parents plus bas sont reliés de plus près avec de mauvaises issues chez l’enfant que le sont les diagnostiques particuliers (Sameroff et al., 1978 ; Sameroff & Seifer ; Warner et al., 1995). Les caractéristiques des autres maladies parentales qui ont été trouvé comme étant prédictives des pires issues incluent des ages plus jeunes au début de la dépression parental (moins de 30 ans) et la co-morbidité de la dépression et de l’anxiété (Warner et al., Wickramaratne & Weissman, 1998).

Les influences environnementales

Des facteurs non-génétiques et non-biologiques jouent aussi des rôles médiateurs importants dans la transmission du risque pour les diagnostiques psychiatriques et dans la résilience (Silverman, 1989). En particulier, la recherche a identifié des caractéristiques individuelles et familiales qui sont associées avec la maladie mentale parentale et les issues chez l’enfant. Les plus notables incluent le comportement parental, la relation marital ou avec le partenaire et le fonctionnement familial.

De nombreuses études suggèrent que le comportement parental est affecté par la maladie mentale, et que le « parentage » a une forte influence sur les issues chez l’enfant. La recherche indique que les mères avec une maladie mentale montrent une gamme de difficultés avec le « parentage » et que ces difficultés peuvent différer quelque peu en fonction du diagnostique. A la fois les mères diagnostiquées avec une schizophrénie et celles diagnostiquées avec des désordres affectifs montrent un degré de réponse verbale et émotionnelle plus faible comparé aux mères sans maladie (Goodman & Brumley, 1990). Il apparaît que les mères avec une schizophrénie expriment moins de colère et d’hostilité que les mères sans maladie ou les mères avec une dépression (Goodman & Brumley), alors que les mères avec une dépression ont été trouvé comme exprimant un niveau d’hostilité supérieur à celui des mères saines (Goodman & Gotlib, 1999). En addition, les mères avec une dépression font preuve de façon latente de réponses moins rapides, d’une expression de tristesse augmentée, d’irritabilité et de moins d’expression d’émotions positives (Goodman & Gotlib).

Ces caractéristiques de « parentage » à leur tour ont été montré comme associées avec un attachement plus pauvre (Radke-Yarrow et al., 1995) et au développement de retard dans le langage, l’attention et les compétences sociales parmi les nouveau-nés et les tous-petits (Goodman & Brumley). Un travail supplémentaire avec les mères déprimées a indiqué qu’elles tendent à se retirer des confrontations et conflits avec les enfants plutôt que de s’engager dans la négociation (Kochanska, Kuczynski, Radke-Yarrow & Welsh, 1987) et que l’affect dépressif chez la mère diminue les expressions de la colère chez les autres membres de la famille y compris les enfants. De styles parentaux peuvent influencer le développement de mauvais styles adaptatifs et de mauvaises compétences interpersonnelles associés avec de la dépression et de l’anxiété chez les enfants (Goodman & Gotlib). Plus de recherche est nécessaire pour soutenir les liens entre des comportements parentaux spécifiques et des issues spécifiques chez l’enfant.

Les mères déprimées montrent aussi des différences dans les processus cognitifs avec les mères non-déprimées. Les parents avec une dépression s’engagent dans un une procession de l’information plus négative et sont plus susceptibles d’avoir un style d’attribution négatif et de s’évaluer elles-mêmes pauvrement en tant que mères (Goodman & Gotlib, 1999). Les études ont montré que les enfants de mères déprimées avaient un style cognitif similaire et des concepts de soi négatifs (Garber & Robinson, 1997 ; Nolen-Hoeksema, Girgus & Seligman, 1992) ; et que ces styles peuvent être quelque peu « dormant » dans des conditions positives mais peuvent être réveillés par des situations qui appellent des émotions négatives (Taylor & Ingram, 1999). Ainsi, les parents déprimés peuvent modeler styles cognitifs qui augmentent la vulnérabilité de leurs enfants à la dépression.

Malheureusement, il n’y a pas eu d’investigations sur les forces parmi les parents avec une maladie mentale, ni de la relation potentielle de ces forces avec les issues chez l’enfant. Comme noté au-dessus, cependant, les parents avec une maladie mentale identifient le « parentage » comme un rôle important et valorisé dans leur vie et reflètent le même désir que les adultes non-malades d’être les meilleurs parents possibles (Mallen, 1999 ; Mowbray et al., 1995b ; Nicholson et al., 1998a).

La qualité d’une relation maritale ou avec un partenaire a été montrée comme étant un fort médiateur de la relation entre le diagnostique parental et les issues chez l’enfant (Goodman & Gotlib, 1999 ; Weintraub, 1987). Bien que la recherche se soit focalisé sur les discordes maritales en tant que médiateur négatif, certains travaux récents indiquent que un partenariat « soutenant » peut contribuer à des issues résilientes chez l’enfant (Oyserman et al., 2000). Ce phénomène va être discuté plus loin dans la section suivante sur les modérateurs. Les discordent maritales et les divorces sont plus communs parmi les familles dans lesquelles un parent a une maladie mentale, et affectent défavorablement à la fois le parent malade et les enfants (Downey & Coyne, 1990 ; Fendrich, Warner & Weissman, 1990 ; Weintraub). Les discordes maritales prédisent un ensemble de problèmes chez les enfants et adolescents, incluant des performances scolaires plus faibles, des compétences sociales pauvres et des problèmes de conduite (Downey & Coyne ; Emery, Weintraub & neale, 1982 ; Fendrich et al.). Les investigations tentant de faire la distinction entre les effets des discordes maritales et de la dépression ont trouvé que les discordes plus que la dépression peuvent être l’élément prédisant le plus  des problèmes chez l’enfant (Caplan, 1989 ; Emery et al.). Ainsi, les interventions pour les couples dans lesquels un ou les deux parents sont déprimés peuvent être particulièrement bénéfiques pour les enfants.

Un environnement chaotique à la maison, une cohésion familiale plus faible, des discordes augmentées entre parents et enfants et une communication pauvre sont plus prévalent parmi les familles avec un parent ayant une dépression ou une schizophrénie (Fendrich et al., 1990 ; Warner et al., 1995 ; Weintraub, 1987). Ces caractéristiques de fonctionnement familial sont à leur tour associées avec des risques augmentés de problèmes émotionnels et comportementaux chez les enfants (Davies & Windle, 1997 ; Warner et al., Weintraub). Dans une étude comparant différents niveaux de relations familiales, Dickstein et al. (1998) ont trouvé que les interactions au niveau de la famille peuvent être plus influencées par la présence d’une maladie mentale parentale que par les relations individuelles parent-enfant ou parent-partenaire. Ainsi, les risques pour les enfants peuvent plus s’ensuivre des interactions au niveau de la famille non-évaluées dans les études d’avant sur les relations parent-enfant. Par contraste les relations parent-enfant peuvent être une force relative pour les parents avec une maladie mentale et un moyen d’intervention prometteur.

Les modérateurs de la relation entre la maladie mentale du parent et les issues chez l’enfant

Comme décrit ci-dessus, les variables modératrices sont des facteurs qui ne résultent pas de la maladie mentale du parent mais qui peuvent améliorer ou aggraver les issues chez l’enfant dans le contexte d’une maladie mentale parentale. Les modérateurs, en conséquence, peuvent apporter des moyens fructueux d’intervention. Comme discuté à travers ce texte, de multiples facteurs socio-politiques comme le climat politique, le stigma et la disponibilité des fonds pour des programmes appropriés influencent les effets de la maladie mentale parentale sur les enfants, et le risque pour le développement de problèmes parmi les enfants. Des modérateurs additionnels de la relation entre la maladie mentale parentale et les issues chez l’enfant incluent les caractéristiques de l’époux(se) ou du partenaire, les facteurs de stress et les soutien de l’environnement, les caractéristiques de l’enfant et les interventions thérapeutiques.

Les caractéristiques de l’époux(se) ou du partenaire

La présence et la disponibilité d’un partenaire ou d’un époux(se) soutenant a été montré comme améliorant les issues à la fois pour les enfants et les adultes dans une famille dans laquelle un parent a une maladie mentale (Musick, Scott, Spencer, Goldman & Cohler, 1987 ; Puckering, 1989 ; Tannenbaum & Forehand, 1994 ; Webster, 1992). En contraste, une maladie mentale et/ou une consommation de drogues chez l’époux(se) ou le partenaire peut augmenter l’impact négatif de la maladie mentale parentale sur les enfants à la fois directement et indirectement en contribuant à augmenter le stress et le mauvais fonctionnement familial (Downey & Coyne, 1990 ; Warner et al., 1995).

Les facteurs de stress de l’environnement

Des facteurs de stress chroniques ou aigus en dehors de la famille peuvent aussi modérer l’impact de la maladie mentale parentale sur les enfants. Plus spécifiquement, le stress associé avec un statut de minorité, des niveaux faibles d’éducation, un parent seul, l’isolation sociale et la pauvreté augmentent la probabilité de problèmes émotionnels et comportementaux chez les enfants de parents avec une maladie mentale (Beidel & Turner, 1997 ; Hammen et al., 1987 ; Harnish et al., 1995 ; Sameroff & Seifer, 1983). De plus, dans les familles avec un parent dépressif où le stress était bas, le soutien élevé et les symptômes dépressifs moins sévères, significativement moins d’enfants montraient des problèmes de santé mentale que les enfants de toutes les familles avec un parent dépressif (10% v. 25% ; Billings & Moos, 1983).

Les caractéristiques de l’enfant

L’exploration initiale de la relation entre la maladie mentale parentale et les issues chez l’enfant a présumé une influence unidirectionnelle, c’est à dire, que la maladie parentale affecte les enfants. Un travail plus récent révèle que les effets peuvent être bidirectionnels et transactionnels, avec les caractéristiques des enfants influençant les symptômes et comportements des parents qui à leur tour affectent le comportement et le fonctionnement des enfants (Goodman & Gotlib, 1999 ; Hammen, Burge & Adrian, 1991). Par exemple, un comportement problématique chez l’enfant crée du stress pour les parents qui peut exacerber les symptômes du parent et/ou peut entraîner des pratiques parentales pauvres qui à leur tour augmentent les problèmes de conduite chez l’enfant (Cox, Puckering, Pound & Mills, 1987 ; Hammen, Burge & Stansbury, 1990 ; Keitner & Miller, 1990).

Les caractéristiques de l’enfant telles que le tempérament, l’intelligence, les compétences sociales et les processus cognitifs ont été montré comme étant d’important sources de risque ou de résilience pour l’enfant. Une plus grande intelligence et de fortes compétences interpersonnelles (Beardslee & Podorefsky, 1998 ; Radke-Yarrow & Sherman, 1990) apparaissent comme protégeant l’enfant à la fois dans le court terme et long terme d’issues défavorables. Les caractéristiques cognitives telles que une conception de soi positive et cohérente, un style d’attribution positif et des habiletés d’adaptation efficace et de résolution de problèmes ont été associées avec des issues bonnes parmi les enfants en général et les enfants avec une mère déprimée en particulier (Beardslee & Podorefsky ; Downey & Walker, 1989 ; Radke-Yarrow et al., 1995).

Le genre de l’enfant apparaît aussi comme étant un important et potentiel facteur complexe modérateur dans la relation de la maladie mentale parentale et les issues chez l’enfant. Des études ont montré que les filles sont plus défavorablement affectées que les garçons par la dépression d’un parent (Davies & Windle, 1997 ; Hops, 1996), alors que d’autres études ont montré que le prix à payer pour les garçons est pire (Gross, Conrad, Fogg, Willis & Garvey, 1995). Les études ont aussi montré que les filles et les garçons peuvent montrer des réponses divergentes, avec les filles plus susceptibles de développer des dépressions et les garçons plus susceptibles de montrer des problèmes de conduite (Cummings & Davies, 1994). Une étude récente a indiqué en allant plus loin que le genre peut interagir avec le fonctionnement familial tel que un pauvre fonctionnement familiale secondaire à une dépression maternelle prédit des problèmes de conduites chez les filles, mais pas chez les garçons (Davies & windle).

La relation entre l’âge des enfants et l’exposition à une maladie mentale parentale n’est aussi pas très claire. Les données indiquent que l’exposition répétée à une maladie parentale et la perturbation que cela crée pour les enfants sont dangereuses et des événements plus susceptibles d’arriver quand les enfants sont jeunes (Oyserman et al., 2000 ; Sameroff & seifer, 1983). Cela a été soutenu  dans une étude isolée qui a montré des problèmes de comportement pires parmi les enfants plus jeunes de parents avec une dépression (Inoff-Germain, Nottelmann & Radke-Yarrow, 1997). Cependant, plusieurs études ont échoué à trouver des effets avec l’age ou avec le développement (Oysermann et al., Weissman, 1989).

Les interventions thérapeutiques

Une intervention peut être ciblée et influencer les variables médiatrices ou modératrices et, en conséquence, devenir une modératrice de la relation entre la maladie mentale parentale et les issues chez l’enfant. Les années récentes ont vu le développement d’un nombre croissant de programmes pour les parents avec une maladie mentale. (Voir la section sur les programmes pour les parents avec une maladie mentale et leurs familles dans le document original en anglais pour une description plus complète des programmes ; Oyserman et al., 1994). Cependant, peut de données d’évaluations standardisées existent pour ces programmes en respect des issues chez les enfants et/ou les familles. Deux projets d’intervention ont apporté des résultats prometteurs.

Le Projet « Thresholds Mother’s Project » à Chicago est un programme exhaustif de services pour les mères avec une sérieuse maladie mentale et leurs jeunes enfants (âgés de 0 à 5 ans) (Musick et al., 1987). Les mères reçoivent des services de santé mentale, une éducation et un soutien sur le parentage. Les enfants et les parents se rendent dans une garderie thérapeutique travaillant avec des spécialistes du développement de l’enfant qui travaillent avec les enfants et forment les mères au développement de l’enfant et aux jeux appropriés. Une étude de cinq ans du « Thresholds Mothers Project (Musick et al.) indiqua que à la fois les mères et les enfants montraient une amélioration avec le temps. Les enfants font preuve d’augmentations dans le développement de l’intelligence, le quotient intellectuel, les compétences sociales et adaptatives. Les mères montrent une amélioration des compétences de l’attention, de l’ajustement social et de l’ajustement au travail et aux rôles parentaux (Musick et al.). Pas de différences significatives dans les issues chez l’enfant ou la mère furent notées dans une comparaison des participants du « Thresholds’ Project » et des participants d’un programme beaucoup moins exhaustif de soins donnés à la maison où les participants recevaient chaque semaine des visites d’une infirmière psychiatrique ou d’un travailleur social (Musick et al.).

Dans un second programme d’intervention pour les familles faisant face à un trouble affectif parental, Beadslee et ses collègues ont apporté une éducation aux parents et aux enfants à propos de la maladie du parent et des effets potentiels de la maladie mentale parentale sur la famille. Les résultats ont montré que les familles rapportaient des améliorations à travers plusieurs domaines de comportement et d’attitude correspondant à  de meilleures issues chez l’enfant (Beardslee et al. 1997a, 1997c ; Beardslee, Wright, Rothberg, Salt & Versage, 1996b). Ces changement incluaient, entre autres, une amélioration de la communication familiale et entre parents et enfants, une augmentation de la communication entre les parents et les enfants à propos de la dépression et l’adoption de nouvelles stratégies familiales/parentales de faire face. Les enfants rapportaient une meilleure compréhension de la maladie parentale et un fonctionnement adaptatif meilleur bien que certains enfants ont fait l’expérience de symptômes significatifs dans la période d’observation après l’intervention (Beardslee et al., 1997c).

Résumé

Le recherche  sur les issues chez l’enfant a découvert de multiples sources de risque et de résilience pour les enfants qui ont un/des parent(s) avec une maladie mentale. La majorité des études se sont focalisées sur des échantillons d’enfants de mères déprimées, blanches et de classes moyennes. Il est en conséquence difficile de savoir si les mêmes modèles peuvent être appliqués plus généralement à toutes les origines, classes et diagnostiques psychiatriques parentaux. En addition, l’influence des différences ethniques et culturelles n’est pas comprise. Avec ces limitations, les études ont révélé qu’à la fois la génétique/biologie et les facteurs environnementaux peuvent être des sources de risque ou de résilience. Cependant, la plupart des investigations sur la résilience se sont focalisées sur les variables environnementales. Spécifiquement, les études ont révélé que l’hérédité, la sévérité et la chronicité de la maladie, le comportement parental, les discordes maritales et les relations familiales sont d’important médiateurs de la relation de la maladie mentale parentale avec les issues chez l’enfant. Les caractéristiques de l’époux(se) ou du partenaire, les facteurs de stress et les soutiens de l’environnement et les caractéristiques de l’enfant telles que le tempérament, les styles cognitifs et les compétences interpersonnelles sont d’importants modérateurs. Les études se sont focalisées lourdement sur les sources de risque et peuvent être passées à côté de potentiellement puissantes sources de résilience sur lesquelles des interventions pourraient être basées. Les données ne reflètent pas l’expérience subjective des enfants de la maladie mentale parentale, ni ne rapportent ce que les enfants pensent qu’il pourrait être utile. Malgré ces limitations, les interventions fondées sur ce qui est connu des sources de risque et de résilience ont étaient quelque peu fructifiantes, bien que peu nombreuses. En particulier, les efforts pour accroître la compréhension des enfants de la maladie mentale et la compréhension parentale des besoins des enfants ont montré des résultats prometteurs.

Recommandations

Une attention augmentée de la recherche doit être accordée aux forces et sources de résilience parmi à la fois les parents et les enfants ; et à comment les sources à la fois de risque et de résilience sont reliées aux différences ethniques et culturelles. Les enfants doivent être questionnés sur leur expérience de vivre avec un parent avec une maladie mentale et leurs besoins. Des efforts doivent être faits pour combler l’écart entre la recherche et la pratique. Les connaissances actuelles à propos des sources de risque et de résilience doivent être traduites en interventions pratiques qui augmentent les sources de résilience et diminuent les sources de risques. Ces interventions devraient être évaluées quant à leur efficacité.

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